Line Hogsark
Carnet de bord
Journal

Parce qu’il était temps de continuer à écrire.

Paris, le 14 janvier 2015

Mes très chers lecteurs, comme vous avez pu le constater, je n’ai pas été très bavarde cette dernière semaine. Je n’avais simplement pas les mots ni le coeur à écrire quoi que ce soit, j’étais triste mais surtout en colère et j’ai préféré rester silencieuse un tant soit peu plutôt que de proférer ici certains propos qui n’auraient pas eu lieu d’être sur un modeste petit blog lifestyle parisien. J’ai des idées et des opinions politiques assez arrêtées, profondément ancrées à gauche et, même si ce drame s’élève bien au-delà des partis, même s’il touche chacun d’entre nous, notre liberté et nos droits, je ne peux m’empêcher de m’indigner de certains comportements, de certains discours et de certaines pensées, de condamner intérieurement ceux qui se trompent de combat et qui, en faisant de ridicules amalgames, participent à faire de notre monde un monde malade. Profondément malade.

Mercredi dernier, il y a de cela maintenant une semaine, je me suis réellement crue en plein cauchemar. Je ne réalisais pas vraiment. Ces mecs, je les lisais depuis toute gamine, chez mon grand-père qui ne lisait que Charlie Hebdo et le Canard Enchaîné, à la bibliothèque du lycée pendant mes heures de permanence et, parfois aussi, dans mon lit, quand je les piquais à l’école (très chers anciens professeurs, si vous passez par ici, sachez que je suis un petit peu désolée mais pas vraiment, c’est la faute du Blanc-Mesnil – il fallait parcourir deux kilomètres depuis chez moi pour aller chez le marchand de journaux, franchement, la flemme). Ces mecs font partie de ceux qui m’ont donné goût à la politique et aux engagements et, même si je peux comprendre qu’ils n’aient pas été appreciés de tous, leur combat était là et il était grand.

Je suis allée manifester dimanche, pas parce que je soutiens l’envergure politique et les messages à mon sens erronés que l’on peut lire sur certaines pancartes ou les débats qui n’ont pas lieu d’être (encore une fois, je n’entrerai pas dans un telle polémique ici, ce n’est pas le but), mais parce qu’il était important selon moi de se montrer forts et vivants dans un moment comme celui-ci. Alors tant pis s’il y a Viktor Orbán, Ali-Omar Bongo et Sergueï Lavrov, tant pis si Sarko vient s’incruster au premier rang, tant pis si on n’est pas d’accord avec tout le monde et si nos idées ne rejoignent pas forcément celles de la tête de cortège, on défile pour nous, pour notre liberté, pour l’amour, la tolérance, l’hommage et surtout, au fond, parce que l’on rêve tous d’un monde meilleur.

Je ne m’étendrai pas plus longtemps sur le sujet, j’en débats depuis une semaine et, comme je vous l’ai déjà dit plusieurs fois, ici, c’est un espace joyeux. Alors je m’en vais de ce pas écrire un article léger, frais et profondément inutile sur mes bonnes résolutions pour cette nouvelle année que je ne tiendrai évidemment jamais. Parce qu’il faut surtout que l’on continue de vivre, d’avancer, d’être heureux et, chacun à notre manière, d’apporter un peu de joie dans nos vies et celles des autres.

#NowPlaying Til Kingdome Come, Coldplay.
Le 14 janvier 2015
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