Line Hogsark
Carnet de bord
Journal

Mes projets, ma platine, Elvis, Bernard Lahire,
mon coup de soleil à Paris en hiver, La Redoute, mon iPhone
doré et les flammekueches.

Paris, le 11 mars 2015

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Je me suis rendue compte que ça faisait à peu près six cent quarante-sept ans que je ne vous avais pas raconté ma vie (non pas que le but premier de ce blog soit de tenir un journal de bord détaillé de toutes les choses absolument fascinantes qui s’y passent mais, tout de même, je me dois bien de l’admettre, raconter ma vie, c’est probablement ce que je fais de mieux – après les imitations de Miguel et Tulio dans La route d’El Dorado, évidemment). En ce moment, c’est plutôt calme pour moi (par plutôt calme j’entends en fait que je ne bosse pas et donc, par conséquent, que je vais manger des pâtes et des flammekueches pendant trois semaines), du coup j’ai du temps et je m’occupe de mes projets. Je sais que je devrais plutôt prospecter au moins quatre heures par jour pour trouver de nouveaux clients et assurer mon mois de septembre quand je ne toucherai plus aucune aide, mais je n’arrête pas de remettre ça à plus tard, de dessiner des meubles et de réfléchir à comment je pourrais les réaliser toute seule. C’est notre nouveau projet avec Manon. J’ai débarqué un matin en lui disant que ça me trottait un peu dans la tête, que plus le temps passait, plus j’avais envie de faire un boulot manuel et de designer autre chose que des supports papier, des vitrines et des sites internet. Je lui ai parlé de cette idée de créer des meubles, des textiles et de la déco pour la maison et, tout de suite, elle m’a dit qu’elle avait plein d’idées et que c’était un truc auquel elle avait déjà pensé de son côté. Ça nous est donc apparu comme une évidence : on allait faire ça toutes les deux.

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Mis à part ce projet (toujours en coulisse et pas vraiment officiel qui n’a pas encore de nom mais qui occupe bien nos esprits ces derniers temps), le reste de mon existence suit son cours et je mène la vie la plus normale du monde même si, pour moi, elle semble toujours aussi extraordinaire. Même un an plus tard, ça me paraît toujours aussi fou de vivre en plein coeur de Paris dans le troisième arrondissement, j’ai toujours l’impression de rêver. Je ne me lasse pas de la vue de mon appartement, de me réveiller le matin, d’allumer la musique et de danser un quart d’heure en pyjama toute seule dans mon salon avant d’attaquer quoi que ce soit d’autre. C’est mon moment préféré de la journée. Souvent, pendant que je danse, que je chante ou que je fais l’abrutie chez moi, je repense à celle que j’étais il y a dix ans, quand j’entrais tout juste au lycée et que, pour des raisons qui ne se racontent pas ici, je n’étais pas très bien (je vous passerai d’ailleurs les détails on ne peut plus désolants de mon style vestimentaire et la couleur très nettement contestable de mes cheveux durant cette funeste période gothique, je propose un déni collectif). Souvent, je me dis que j’aimerais bien remonter le temps, aller parler à cette ancienne Céline et lui dire T’inquiète pas, dans dix ans, tu auras ton chez toi, une vue sur les toits de Paris et même un mec qui fait les meilleurs potages pékinois du monde en bas de ta rue. Tu bosseras pour toi, tu réaliseras tes rêves et chaque jour quand tu te réveilleras tu seras tellement heureuse et de bonne humeur que tu danseras partout dans ton appartement avant d’aller faire couler ton café – parce que oui, plus tard, tu aimeras le café. Si je pouvais, je lui montrerais même une vidéo du film de ma vie mais elle me dirait Ok, les potages pékinois et les toits de Paris, je veux bien, par contre jamais de la vie je porterai du rouge à lèvres et des talons. Et puis le café, plutôt mourir.

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Ma soeur a écrit un article dimanche sur toutes les petites choses qui la rendaient heureuse en ce moment (il a d’ailleurs fait la une de Hellocoton et ses visites ont littéralement explosé, j’étais fière d’elle). On a ça en commun toutes les deux, on aime penser à toutes ces petites choses qui font qu’on est bien, qu’on a de la chance, et on essaie de se focaliser là-dessus. Alors ça arrive, parfois, évidemment, d’avoir des petits coups durs ou, aussi, de se plaindre pour des conneries, mais on essaie de faire en sorte que ça ne dure jamais longtemps et de tirer du positif de chaque situation. Enfin je dis ça mais bon, la semaine dernière j’ai quand même… :

1. Pété les plombs contre La Redoute qui met dix-huit semaines à m’envoyer un tapis qui devrait être livré depuis fin décembre et à cause de qui je viens de faire trente-cinq euros de hors-forfait parce que, forcément, pour se permettre de converser avec eux, faut bien hypothéquer la moitié de ses organes.

2. Cru que j’allais faire un attentat au siège de mon assurance qui m’a renvoyé un iPhone blanc et doré à la place de mon iPhone noir et qui m’a dit Ah mais nan, la couleur n’est pas garantie dans le contrat, c’est écrit sur la notice en tout petit en bas, donc maintenant vous avez un iPhone doré, c’est comme ça, faut vous y faire, ça sert à rien d’appeler quinze fois et de faire huit réclamations (j’ai beau chercher, je ne vois pas une once de positif là-dedans).

Cela étant dit (je suis contente d’avoir extériorisé, je reste humaine malgré tout), initialement, je voulais quand même vous parler de choses un peu plus intéressantes que d’un iPhone doré (je fais effectivement une fixette là-dessus, c’est clairement un drame innommable dans ma vie). Je me suis remise à bouquiner un peu dernièrement et ça faisait longtemps que je n’avais pas pris le temps de le faire (depuis que je ne prends plus les transports trois heures par jour en fait). Je lisais énormément avant et ça commençait à me manquer. Du coup, je m’accorde une petite heure de lecture le matin (après avoir dansé, parfaitement) puis encore un peu le soir, avant d’aller dormir. En ce moment, je suis sur le dernier essai de Bernard Lahire, Ceci n’est pas qu’un tableau, et vraiment, si vous avez le temps (et surtout la foi) d’attaquer un pavé de six cents pages, je vous le recommande vivement. C’est une réflexion et une approche sociologique réellement passionnante sur l’art, si bien que j’ai lâché mon bouquin de Stephen King pour entamer celui-ci (oui parce que j’ai des goûts très éclectiques en matière de lecture, sur mes bibliothèques vous trouverez aussi bien des magazines féminins que des romans fantaisistes, aussi bien des livres de science-fiction que des bouquins sur les artistes des deux derniers siècles ou la publicité des années 50, et autant de recueils de Baudelaire que d’essais de Bourdieu). D’ailleurs, en parlant de lecture, après m’avoir vue potasser leurs magazines une bonne partie de la soirée, un couple d’amis m’a offert deux exemplaires de IDEAT, un magazine de déco et de design vraiment sympa (vous pouvez les voir en photo un peu plus haut). J’ai aussi craqué pour ce petit bouquin de Vahram Muratyan, le designer graphique à l’origine de toutes les illustrations Paris VS New York. Bref, dernièrement, je lis. Sur mon lit, dans ma véranda, la fenêtre ouverte parce que ces derniers temps il fait bon, des petits pains au lait au Nutella sur un plateau à côté de moi (ou une soupe de vermicelles, ça dépend de l’heure), et je kiffe. La dernière fois, j’ai même pris un coup de soleil – notons qu’au mois de mars, à Paris, c’est une bonne chose.

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Sinon (et ceci est l’avant dernier paragraphe, ne vous inquiétez pas), j’ai enfin reçu ma platine, mon cadeau d’anniversaire cinq mois en retard. N’est-elle pas magnifique, splendide, somptueuse, admirable, ravissante, formidable et éclatante ? Si. Évidemment. J’ai l’impression que ça donne toute une âme à ma chambre. En plus, elle va bien avec le nouveau tapis (celui de la véranda parce que celui du salon, rappelez-vous, il arrive pour l’assomption). Je vous dirais bien que c’est encore plus génial pour moi du coup de me réveiller le matin et de danser sur un bon vieux vinyle d’Elvis (j’adore le son qui s’en dégage) mais je pense avoir déjà un peu trop parlé de cette passion légèrement discutable dans cet article. J’ai hâte d’aller me balader et d’aller écumer plein de petits disquaires – quand j’aurai arrêté de manger des flammekueches.

Voilà, je crois que c’est à peu près tout ce que j’avais à vous raconter. Je pourrais continuer éternellement et vous dire que, en ce moment, aussi, je passe ma vie à faire des gâteaux, que je suis plutôt à fond dans The Americans, que j’attends le retour de Rectify avec une impatience bien plus manifeste que pour Game of Thrones, que je suis allée chez le coiffeur pour refaire mon balayage (mais juste le balayage parce que, à part moi, personne n’a le droit de s’approcher de mes cheveux avec une paire de ciseaux), que Top Chef avec les voix off des jurés ça me donne juste envie de me percer les tympans avec un tisonnier carbonisant, que j’achète de nouveau le journal plutôt que de le lire sur une application (une nouvelle résolution tenue (rappelez-vous cet article et toutes celles de 2015), acclamez-moi s’il vous plait), que j’attends de recevoir ma lampe de bureau et mon tapis AM.PM. pour faire la petite vidéo que je vous ai promise sur notre appartement, que je vais vous écrire cet article que vous m’avez réclamée maintes et maintes fois sur les petits secret à mon propos, que j’ai passé une soirée absolument géniale la semaine dernière avec Jade et Manon et que ça m’a fait un bien fou (mais cette soirée, ma soeur la raconte mieux que moi dans son super article).

Sur ce, je vous aime, mais il est maintenant treize heures et ma flammekueche m’appelle. Je vous embrasse bien fort et vous souhaite un meilleur appétit que le mien – ou tout du moins légèrement plus varié.

#NowPlaying So Glad You’re Mine, Elvis Presley.
Le 11 mars 2015
Les mots
Pour aller plus vite tout en bas
  1. livresse des mots, le 11 mars 2015.

    Un article qui fait du bien, vraiment ! Merci Line.
    En ce moment je n’arrive plus à ressentir cette joie et cette légèreté de vivre dont tu parles si bien. Alors je me bouge pour essayer de changer de vie, et ce billet m’inspire… Encore merci !

  2. Inès, le 11 mars 2015.

    Tu vas rire mais je viens de lire ton article en mangeant une flammenkuche (c’est le destin). C’est vraiment chouette de « retrouver ta plume », j’aime tellement la façon dont tu écris. J’aime que tu nous parles de ta vie, de tes péripéties, de tes joies quotidiennes !
    Je te souhaite un joli printemps !
    Bises
    Inès

    http://unsapindansmonplac-art.blogspot.fr

  3. jaivoulutester, le 11 mars 2015.

    tu as bien raison, moi aussi je mesuis remise au manuel, meubles et couture, ça fait un bien fou de créer!sinon, je ne mange jamais de flammenkuche, ça me fait bien envie ;)
    bises et bonne soirée
    flo
    jaivoulutester.over-blog.com

  4. anne, le 11 mars 2015.

    Super cette idée de désigner des meubles, de créer des textiles. Vous avez le sens artistique qu’il faut Manon et toi ! J’espère qu’IDEAT sera entre autres une bonne source d’inspiration :-)
    Gros bisous a toutes les deux et encore bravo pour vos articles

    NB : J’adore ta platine !

  5. Charlie, le 13 mars 2015.

    C’est la première fois que je visite ton blog/te lis et je tenais à te dire que j’aime beaucoup ta façon d’écrire ! Je me suis abbonnée à ton blog via bloglovin.
    Je te souhaite un agréable week-end !

    xo, Charlie
    http://charlieleschroniques.blogspot.fr/