Line Hogsark
Carnet de bord
Journal

Un week-end avec les vaches et les moutons en GPRS.
Partie II : La Bible mormone.

Paris, le 24 mai 2015

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Oui, je sais, je devais vous poster cet article un peu plus tôt cette semaine. Néanmoins, aujourd’hui, j’innove, je ne vais pas vous dire que c’est parce que je n’ai pas eu le temps (j’ai effectivement pas mal bossé mais, tout de même, j’aurais pu vous accorder quelques heures de mes soirées), non, cette fois j’ai une excuse encore plus imparable, une excuse en carbonne (c’est plus solide que le béton) : on a récupéré la PlayStation. Mais attention, pas n’importe quelle PlayStation, la PS1. Celle avec les graphismes qui sautent, celle où les mecs ressemblent à des Playmobils, celle où quand tu joues à Fifa 98 tu vois juste des petits points se balader sur un fond vert – genre comme au Backgammon. Alors mon blog il est bien mignon, je vous aime et tout et tout, mais si chez moi il y a Crash Bandicoot, Spyro, Rayman, Fighting Force, Tomb Raider III, Gran Turismo 2 et Colin McRae (paix à son âme), considérez que je n’existe plus – tout du moins le temps d’avoir refait un petit peu le tour de chacun des jeux et donc d’en avoir fini avec mes élans de nostalgie. Note : Cela dit, c’était pas gagné, je me suis quand même, à un moment donné, retrouvée à carrément démonter la Play pour essayer de comprendre ce qui ne marchait pas (oui parce qu’au début ça ne marchait pas) et à bidouiller le bloc optique pour essayer de faire fonctionner la chose avec un petit bout de carton – je vous le dis parce que, franchement, quand on se retrouve avec une console en pièces détachées sous les yeux, qu’on arrive à comprendre le fonctionnement du truc et à tout remonter ensuite, on a légèrement l’impression d’être la réincarnation de Nikola Tesla.

Cependant, pour me faire pardonner (enfin surtout auprès de vous, comparses ovariennes, j’ai bien compris que ça, vous, messieurs, vous vous en contrefichiez), j’ai deux petites recettes à vous faire partager. J’ai cuisiné tout ça hier, j’ai pris les photos, préparé les PDF à télécharger et écrit les articles qui sont déjà tout prêts à être postés – donc là, vraiment, ça arrive très vite, Backgammon ou pas. Je m’amuse tellement à préparer ces articles, à disposer les ingrédients pour faire une jolie photo et à grimper debout sur ma table pour les photographier – j’ai d’ailleurs l’air royalement con, le midi, chez moi, en culotte, debout sur la table de mon salon, les pieds dans le miel (demain vous comprendrez), la musique à fond et mon appareil photo autour du cou (imaginez le making-of – glamour, érotique), mais je me rassure en me disant que dans ces moments-là, bénis soient les dieux, à moins que l’un de mes voisins ne nous fasse le remake de Fenêtre sur cour, personne ne me voit. Autre note : Enfin sur la photo de demain vous allez vaguement me voir penchée au dessus de ma bruschetta dans le reflet de la cuillère, en pyjama les jambes à l’air. Cool Raoul.

Sinon, là, nous sommes samedi après-midi, j’ai abandonné mon guacamole pour un crumble préparé par Clément, le copain de Manon (elle s’est dégotée un mec qui fait des crumbles tout de même), ils viennent tous les deux de partir au cinéma pour aller voir Mad Max (en ce qui me concerne j’y vais demain avec ma meilleure amie alors je me suis dit que même si je n’avais entendu que des bonnes critiques sur le sujet je n’étais pas assez fan de George Miller pour aller voir ce film deux fois – George Miller c’est quand même le mec qui a fait Babe, le cochon dans la ville) et je profite de mon temps libre pour vous écrire avant de rejoindre une copine pour une expo rue de Saintonge. Pour ceux que ça intéresse, c’est la galerie d’art urbain The Wall qui organise ça, ce sont des oeuvres réalisées par des street artists sur des murs encadrés et c’est plutôt pas mal (enfin je vous dis ça mais si ça se trouve je ne vais pas avoir le temps de finir cet article aujourd’hui, je vais le poster demain et pour ceux qui auraient voulu y aller ce sera clairement trop tard – la fille pleine de bon sens qui vous conseille des trucs déjà finis). Mais bref, je m’éloigne du sujet principal et on ne peut plus fascinant de cet article (c’est que je pourrais passer des heures à ne vous parler finalement d’absolument que dalle) : Mon week-end à la campagne.

Bon alors déjà quand je vous dis que j’étais à la campagne, j’étais vraiment à la campagne. Pas la campagne encore un peu citadine genre Senlis ou Compiègne, non, la campagne genre campagne. Genre des arbres et des champs à perte de vue, genre un humain pour vingt-huit vaches, genre Chantecler qui chante à l’aube (si vous ne connaissez pas Rock O Rico je ne peux rien faire pour vous), genre huit maisons par rayon de trois kilomètres, genre les femmes qui accouchent à domicile avec le vétérinaire parce que l’hôpital le plus proche est à plus de cent vingt bornes (on m’a quand même dit Bon, Céline, ce week-end, tu fais attention, tu tombes pas, parce que si tu t’ouvres un truc t’auras le temps de mourir dans la voiture en te vidant de ton sang et on pourra même pas refiler tes organes) et genre tu ne captes rien. Rien. Genre ton téléphone est mort. C’est un iPod. À la limite t’es en GPRS à la boulangerie mais c’est tout. Du coup, pour le coup (ça fait deux fois coup mais c’est pas grave), ça dépayse et ça fait du bien. Ça fait du bien parce que, fichtre, diantre, peste, diable, pleutre, chancre mou et chapon maubec, tu déconnectes enfin.

Moi je suis le genre de fille qui n’arrive pas à lâcher son téléphone/son ordinateur/son iPad et qui passe sa vie sur Facebook/Twitter/Feedly/Instagram. J’ai toujours besoin de savoir ce qui se passe un peu partout, alors j’ai du mal à déconnecter (je crois que mes parents trouvent ça triste et même si je ne leur concède généralement jamais cet état de fait, j’admets ici qu’ils ont très certainement raison – si vous saviez à quel point mon père va être ému quand il va lire ceci). Parfois je me dis que ce serait bien si j’arrivais à me détacher un peu de tout ça, alors de temps à autre j’essaie mais je me rends vite compte que c’est juste purement et simplement métaphysiquement impossible : si mon iPhone est là (et le réseau aussi accessoirement), je suis obligée d’y toucher au moins une fois toutes les cinquante minutes (je fonde cette statistique sur les intervalles entre les épisodes de mes séries bien que je doute très sincèrement de sa réelle exactitude). Seulement quand ta vie c’est manifestement temporairement une invraisemblable copie de L’amour est dans le pré, tu n’as pas le choix, et finalement, ce sentiment d’être loin de tout (de temps en temps, avec parcimonie), c’est le pied – presque autant je pense que la phase de conception quand tu fais des bébés avec Jake Gyllenhaal. C’est simple, plus rien d’autre n’existe (quand on ne capte pas, pas quand on fait des bébés avec Jake Gyllenhaal – quoi que). Il n’y a que le soleil, la famille, les potes – les moutons, les vaches, Chanteclerc – le barbecue, les discussions tard le soir jusqu’à trois heures du matin, les Ti-punch, les parties de poker et tous les petits trucs qu’on kiffe encore plus quand on ne pense à rien d’autre.

Je pourrais vous écrire encore plusieurs paragraphes sur tous les bienfaits de la campagne – le repos, les balades, l’air pas pollué qui est meilleur pour nos poumons mais surtout pour la peau (les poumons on s’en fout, ça ne se voit pas) – mais il est maintenant quatre heures du matin, je viens de me caler dans mon lit et je suis claquée (pour vous il ne s’est passé que six minutes mais pour moi, je sais c’est fou, la journée est passée – d’ailleurs je n’ai même pas pu aller à mon expo et Manon et Clément m’ont dit que Mad Max, finalement, ce n’était pas si bien que ça), alors je vais directement vous parler de ce qui vous intéresse le plus : mon aventure avec le mouton.

Tout d’abord, recontextualisons la chose : je suis dans la Nièvre et, derrière la maison, dans le jardin, il y a une brebis avec ses deux petits agneaux (là-bas c’est normal d’avoir des moutons dans son jardin). Ce qui est important de préciser à ce stade encore très peu avancé de mon palpitant récit, c’est que je me suis éprise d’amour pour ses deux petits agneaux (c’était d’ailleurs un peu mon gros dilemme pendant tout le week-end : manger de l’agneau devant des agneaux – j’avais l’impression d’être le psychopathe du Terminus dans Walking Dead qui bouffait la jambe de Bob devant Bob). Pour ma défense (c’est que je me sens un minimum obligée de me justifier quand je clame en prose mon amour pour des bébés moutons), ils étaient particulièrement adorables. Si bien que si ça n’avait pas pué, si ça ne mangeait pas de l’herbe et si ça ne grandissait pas pour devenir un énorme truc moche plein de laine, plein de puces et qui bêle, je le jure sur la vie de James Murphy, j’en aurais adopté un (mon nouveau rêve : des petits agneaux nains transgéniques qui sentent bon et qui ne font pas caca). Bref, ne sachant pas qu’une brebis, manifestement, ça avait les mêmes instincts maternels qu’une lionne, moi, dans mon élan d’amour aveugle et naïf, je me suis approchée. Erreur. Faute. Méprise. La meuf (enfin la brebis) elle a cru que j’allais lui prendre ses petits pour m’en faire une peau de tambour, elle m’a regardé en mode Marlon Brando, elle a tapé du sabot, elle a baissé la tête et elle m’a foncé dessus. Vous me demandiez en début de semaine comment on faisait pour échapper à une attaque de mouton, et bien il faut courir vite et aller se cacher. Voilà.

Sur ce, moi, je m’en vais lire l’article des Inrocks sur le bouquin d’EnjoyPhoenix qui me fait de l’oeil depuis tout à l’heure (l’article, pas le bouquin) : Les 27 phrases qui vous feront penser qu’EnjoyPhoenix est le nouveau Flaubert. J’ai lu les dix premières déjà et après m’être arrêtée sur J’adore l’expression “bruit qui court”, elle est très imagée, mais moi j’aime pas courir, alors qu’est-ce qu’on fait ? je ne tiens plus, je dois continuer.

Je reviens demain soir avec la première recette (j’ai une journée chargée et je pars avec les filles à Senlis mais j’imagine que cliquer sur Publier ça ne devrait pas me demander beaucoup trop de temps) et cette semaine avec un autre pavé Journal, ma marinière Sézane et une chronique (enfin normalement). #Ambition

Post Scriptum : J’ai perdu toutes les autres photos de ma carte SD (enfin non, je ne les ai pas perdues, je les ai juste toutes supprimées par inadvertance parce que je suis la fille la plus maladroite du monde), du coup, il va falloir vous contenter de celle-ci. Vous survivrez.

#NowPlaying Sure Thing, St Germain.
Le 24 mai 2015
Les mots
Pour aller plus vite tout en bas
  1. Miss blemish, le 25 mai 2015.

    Une fois n’est pas coutume, j’ai bien ri ! Niveau addiction smartphonesque, je suis dans le même cas que toi et hier, au milieu des collines de Suisse normande eh bien, c’était un peu pareil, du réseau avec beaucoup de parcimonie. Depuis (bientôt) un an, j’oublie mon téléphone régulièrement. Le temps d’une balade, le temps d’un dîner, le temps d’un goûter, le temps d’un week-end ou de vacances bien accompagnée. J’apprends à être juste là, avec les gens autour de moi, à 100% et ça fait du bien. Et puis, lorsque je retrouve mon téléphone, je suis toujours assurée de retrouver milles et une actus loupées, ce qui m’occupe une soirée de bons articles, jolies photos et autres épisodes de série à rattraper et c’est un peu les meilleures soirées rien que pour soi qu’on peut s’imaginer.
    A bientôt !

  2. Laurielle, le 27 mai 2015.

    Mon père a une ferme à la campagne, alors je comprend tout-à-fait ce que tu as pu ressentir, haha. En plus il a un petit agneau tout mignon depuis janvier, sauf qu’en janvier le petit agneau était petit et mignon – cinq mois plus tard il est juste grand et moche… Et un jour je me suis faite coursée par une vache, ou comment se découvrir un talent pour le sprint.
    Bref, vive la campagne ;)
    Merci encore pour ton article plein d’humour et de divagations, j’adore te lire !♥

  3. ced, le 28 mai 2015.

    Salut! une fois de plus, j’adore te lire…. tu as le don de rendre amusantes les banalités de la vie…

    Des becos de Normandie!