Line Hogsark
Carnet de bord
Journal

9h20, omelette en terrasse (chauffée la terrasse),
mon boulot et autres digressions.

Paris, le 19 mai 2016

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Chers lecteurs, ceci n’est pas un mirage, ceci est bel et bien mon deuxième article en trois jours (au rythme auquel j’allais cette dernière année, statistiquement, j’aurais normalement dû vous récrire au mois de décembre). D’ailleurs, en parlant de mon dernier article, je me suis rendue compte que j’avais été menteuse, je vous ai dit que j’allais revenir en pyjama devant mes épisodes de Friends, mais c’était sans compter sur ma nouvelle résolution Ô combien révolutionnaire : mettre mon réveil le matin à huit heures (enfin plutôt à sept heures et demie avec quatorze rappels si je veux avoir les yeux ouverts à huit heures), m’accorder trente minutes de lecture au lit, ranger un peu la maison en musique, passer un coup de brosse dans mes cheveux histoire que ma frange ait l’air de s’être un tant soit peu informée sur les lois de la pesanteur, enfiler mes chaussures, prendre mon ordinateur et m’installer dehors pour bosser (le café parisien, le coworking du pauvre).

Parce que oui, c’est ce que j’avais prévu de faire ce matin : bosser. Seulement en fait je me suis dit que j’allais finalement plutôt m’accorder une petite pause et profiter d’un moment pour moi, avec mon café et mon omelette au fromage, dehors, en terrasse, au mois de novembre (nous ne sommes pas en mai, il semble manifeste qu’il y ait eu confusion dans l’inclinaison des pôles et la révolution de la Terre autour du Soleil cette année). En ce moment, je n’arrête pas. Il y a mon travail pour les autres, il y a mon travail pour moi, il y a les petits services bénévoles pour les amis, le blog de ma soeur à boucler (complètement réinventé, j’ai hâte de vous le présenter), mon book à finir, toutes mes créations à poster et, de concert, les inéluctables et infinies tâches administratives qui accompagnent tout joyeux statut de travailleur indépendant. Je me meurs.

En fait, pour tout vous raconter, j’ai récemment décidé de m’affilier à la Maison des Artistes (concrètement, ça veut dire que je change de statut et donc que je suis assujettie pour les trois prochains mois et/ou jusqu’à ce que mort s’en suive à un sempiternel esclavage administratif). Mardi j’ai donc passé mon après-midi chez un pote de mon père, affilié depuis dix ans, pour qu’il puisse m’expliquer toutes les modalités du statut conféré par cette association, ainsi que toutes les autres démarches à effectuer en parallèle auprès de différents organismes pour s’assurer une sécurité juridique, sociale, fiscale et j’en passe. Du coup, hier, j’ai passé ma journée à mettre en ordre la plus incommensurable Todo List de tous les temps (genre en fait, carrément, pour la première fois depuis que j’ai quitté la fac, j’ai ouvert Word), établi une logistique imparable pour réussir à m’organiser au quotidien avec tous ces nouveaux paramètres, et mis en place un système infaillible pour gérer mes comptes (non parce que moi, clairement, si je ne m’impose pas une rigueur draconienne, ma TVA je la garde, je la dépense en coussins Jamini et l’année d’après je rends mon appartement et j’hypothèque mes reins). Il me tient en plus à coeur de faire les choses bien, dans les règles, d’être minutieuse avec la comptabilité et mes déclarations, c’est donc une charge de travail on ne peut moins négligeable mais dont la perspective m’enchante néanmoins tout autant qu’une mort par ventilateur – terme littéral et étrange croyance répandue en Corée du Sud, je vous explique : un ventilateur électrique en fonctionnement dans une chambre close = celui qui y dort, meurt. Voilà. Vous pouvez aller vérifier sur Wikipédia.

Bref, les jours s’enchaînent et passent à la vitesse de la lumière, je n’ai pas le temps de regarder une seule série et j’ai l’impression qu’il vient de se passer six mois en à peine deux semaines. Pour vous dire, je ne suis pas à jour dans Game of Thrones (ça va, je le vis bien), j’angoisse à l’idée de me dire que je n’aurai probablement pas le temps de reprendre UnReal et Halt and Catch Fire (je le vis moins bien), je n’ai toujours pas pu aller chez Leroy Merlin acheter le matériel pour réparer un joli pot en céramique que j’ai pourtant déjà depuis quinze jours (et j’arrive à dormir le soir, je suis une femme changée), impossible également de trouver un créneau pour repeindre le meuble de mon entrée et, évidemment, je n’ai pas eu le temps non plus de faire la vaisselle. Depuis cinq jours. Pour de vrai. Ma cuisine est une zone sinistrée.

Bon, je sais, on dirait que je me plains, mais en fait je suis super contente. Jusque-là, ma freelance, c’était plutôt un concept/un flou artistique qui me permettait d’être indépendante, de payer mon loyer et de sustenter mes besoins primaires genre manger et payer ma carte UGC (et oui, ok, acheter des coussins – un besoin primaire, c’est sûr), mais je ne m’occupais pas encore de développer réellement mon activité. Je pourrais vous écrire un article de dix-huit mille caractères sur les raisons de tout cela (la peur de l’échec, de me confronter à mes limites ou de ne plus avoir de temps – c’est ce qu’il y a de plus important pour moi, le temps, c’est la seule chose dont on manquera tous inévitablement un jour), mais en réalité c’est surtout que c’est beaucoup plus facile de fantasmer sa vie plutôt que de se donner les moyens de ses ambitions. Et puis aussi, j’avoue, un peu, j’avais la flemme. D’où l’importance de savoir se réveiller un jour, se dire qu’on a merdé, rectifier le tir, prendre des risques et se lancer. Note : La meuf a végété pendant deux ans et s’improvise tout à coup gourou professionnel. Crédible.

Sinon, mis à part le travail (je n’ai que ça à l’esprit en ce moment, je pensais d’ailleurs m’aérer la tête ici mais je n’ai finalement fait que parler de ça), vous imaginez bien que j’ai un million d’autres choses à vous raconter. Il y a le déménagement de mes parents à Compiègne et la perspective de nouveaux week-ends là-bas, mon prochain départ en vacances pour quatre semaines (je répète, quatre semaines), mes envies de tout repeindre à la maison ou de me couper les cheveux comme ça, ma nouvelle passion pour le houmous au petit déjeuner et les deux heures de ma vie à tout jamais perdues devant Cafe Society (mon cas de conscience par rapport à Woody Allen est cela dit dorénavant réglé, je vais arrêter d’aller voir ses films). Cependant, il est déjà midi (le temps passe vite et je me laisse vite distraire), je vais donc aller faire quelques courses et essayer de faire un saut chez Leroy Merlin – avant de retourner bosser. Je vous embrasse et vous dis à très vite.

#NowPlaying Toujours rien, j’écoute les conversations des gens.
Le 19 mai 2016
Les mots
Pour aller plus vite tout en bas
  1. Miss Blemish, le 19 mai 2016.

    C’est très marrant car lors de ma précédente pause (j’avais gardé ton article pour celle-ci présentement à présent achevée) je faisais mes comptes et le point dans mes factures/déclarations. Alors j’ai beaucoup souri à cette évocation de tous les méandres administratifs qui décidemment ont la faculté de me tétaniser aussi sûrement qu’une araignée dans la baignoire.
    (P.S : je suis sûre que cette coupe de cheveux t’irait à merveille, j’ai hâte de voir le résultat si tu sautes le pas)
    A très bientôt ! :)

  2. Laure, le 19 mai 2016.

    Bonjour,
    Vos posts sont des concentrés d’énergie, je ne sais pas l’expliquer mais j’en profite à 1000%. Ils aident à avoir envie et à passer au faire aussi. MERCI

  3. Lolli, le 25 mai 2016.

    Un 2 ème article en 3 jours, nous sommes gâtés ! Heureuse de ton retour :) Bon courage pour la paperase, ne te noie pas, j’attends ton prochain article avec impatience.
    Ps: il faut que tu te mette à jour de GOT, ça vaut le coup :D