Line Hogsark
Carnet de bord
Journal / Work

Parlons peu, parlons bien (c’est relatif), parlons travaux,
été, boulot et ciné (je fais des rimes croisées).

Paris, le 20 juin 2016

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Bon, je suis malade. J’ai essayé de faire genre que non et de me persuader que tout allait bien, que je pouvais continuer de travailler dix-neuf heures par jour et de dormir quatre heures par nuit ad vitam æternam (il me reste une heure pour manger, prendre une douche, danser en séchant mes cheveux, aller aux toilettes et me laver les dents), mais force est de constater que mon organisme, vraisemblablement malmené et meurtri, réclame une pause. De ce fait, prosyndicale et magnanime, je la lui accorde et décide que je ne travaillerai pas aujourd’hui. Aujourd’hui, donc, je ferai un million de choses inutiles, je regarderai mes séries, rattraperai mon retard sur Booooooom, Creative Review, Designboom et compagnie (beaucoup de Boom dans mes lectures), partirai en quête de nouveaux fonds d’écran pour mon téléphone et mon ordinateur, trierai mes playlists Spotify, prendrai un bain et passerai ma soirée avec Margaux devant un film de merde et des sushis. Voilà.

D’ailleurs, en parlant de Margaux, j’ai réalisé ce matin en faisant un peu de tri dans mes photos (oui j’aime bien faire des tris), que je n’avais jamais partagé avec vous le petit bureau que je lui avais fait sur-mesure. Dans son ancien appartement, elle avait à peine quatre-vint-dix centimètres entre sa fenêtre et son armoire pour installer son nouvel iMac, alors il a fallu réfléchir à un moyen de créer un bureau tout petit, mais avec quand même des rangements et la place de mettre sa chaise et ses jambes en dessous. Je lui avais présenté plusieurs solutions, chacune déclinée dans des couleurs et bois différents, et on est finalement parties sur celle ci-dessus, dans la version plus claire avec le tiroir bleu. Je ne crois pas avoir de jolies photos dudit bureau terminé (mis à part celles de mon téléphone prises par Margaux où je pose fièrement, toute de pyjama pourri vêtue, visseuse à la main), mais elle déménage bientôt et je vais de toute façon devoir le démonter puis le remonter, ce sera donc peut-être l’occasion d’en faire un DIY – peut-être, un jour, dans une dimension parallèle, quand j’aurai le temps.

Il y a deux déménagements qui s’enchaînent pour moi ce mois-ci : celui de Margaux et celui de mes parents. Dans les deux cas, il y aura des travaux, plein de bricolage à faire, des aménagements à imaginer et des meubles à créer, et c’est une perspective qui me rend tellement heureuse que je me dis qu’il y a forcément quelque chose qui cloche chez moi (au-delà bien sûr du fait que la seule denrée alimentaire que je ne supporte pas, c’est le pop-corn), que ce n’est pas normal d’être si excitée à l’idée de passer ses journées à déposer de l’enduit sur des murs, peindre, refaire des plafonds et toute une plomberie pour finir le soir exténuée pleine de courbatures parce que, aussi, tenir une perceuse pendant trois heures pour installer dix-huit étagères, c’est finalement tout aussi physique et éprouvant que le Marathon Safaricom au Kenya (enfin presque).

Sinon, demain, c’est l’été. Lol. Du coup, moi, grande optimiste et infernale entêtée, en attendant que la météo décide de se comporter conformément à la bienséance et aux usages (enfin je veux dire il y a des règles, il y a des convenances, on ne peut pas comme ça arbitrairement faire du mois de juin un interminable premier de l’an à Reykjavik), je décide de faire comme si c’était bel et bien la période estivale, je porte des robes dès que je le peux (dès qu’il ne pleut pas somme toute – et je tombe malade donc), tous les matins j’applique sur l’intégralité de mon corps l’huile prodigieuse de Nuxe (odeur qui, pour toujours et à jamais, me rappellera les beaux jours), j’écoute les morceaux qui me rappellent les vacances et je cuisine des plats d’été. Voilà. J’ai la prétention de penser que je vais amener le soleil. Note : Quand il sera là, moi et ma bronchite, vous nous remercierez.

Cela dit, revenons-en au travail (parler de vacances puis dire Revenons-en au travail c’est quand même assez improbable mais passons), en ce moment, malgré un rythme assez soutenu, je suis mine de rien dans la période la plus épanouissante que j’ai jamais connu, et j’aime me dire que le meilleur reste à venir. C’est tellement génial de voir ses projets avancer et des opportunités se présenter. Je n’ose pas encore trop en parler de peur de me porter un peu la poisse (moi et la poisse, les rails du RER, mes douze entorses, les poissons qui me rentrent dans les oreilles et les ascenseurs qui lâchent, une grande histoire d’amour), mais je suis peut-être sur le point d’obtenir un contrat vraiment intéressant avec un client conséquent, donc ce serait genre en fait quelque peu légèrement méga le bonheur. Peut-être même que je pourrais manger autre chose que des flammekueches.

À côté de ça, mon book avance bien et j’ai vraiment hâte de vous le présenter. Je voulais vraiment un site très simple, ergonomique, sans blabla inutile, complètement axé sur la créa et la mise en valeur de l’image, où tout est visible et accessible sur une seule et même page (comme diraient les mecs de Datagif, il est plus facile de scroller que de cliquer). Et c’est finalement ce qu’il y a de plus compliqué, en fait, de faire quelque chose de simple mais pertinent. Bref, j’espère que j’arriverai à gérer convenablement mon temps pour qu’il puisse être en ligne à la fin du mois dans une version disons bêta, qui évoluera je l’espère avec vos conseils et suggestions.

Sinon, et je pense ponctuer cet article avec cette information à caractère hautement capital, j’ai tout de même pris le temps d’aller au ciné (je peux faire une croix sur beaucoup de choses dans ma vie mais difficilement sur le ciné – donc en fait un jour sur trois je bosse seulement seize heures, j’ai menti), et cette semaine je suis notamment allée voir The Neon Demon de Nicolas Winding Refn. Alors, comment vous dire ? La pire idée que j’ai eu avant ça c’était de dire à ma maîtresse en CE1 que si je n’avais pas fait mes devoirs et n’avais pas complété mon arbre généalogique c’était parce que mes parents avaient oublié leur date de naissance (excuse imparable dans mon esprit à l’époque puisque Madame, en même temps, c’était il y a longtemps, dont la conséquence directe fut l’expédition au coin pour toutes les récréations de la semaine suivante – un traumatisme, clairement). Bref, alors je ne peux pas me permettre d’écrire ici une critique trop argumentée puisque je spoilerais et détruirais tout de même les quelques intérêts (maigres) du film à ceux qui ne l’auraient pas vu) mais j’ai rarement aussi peu adhéré à un parti pris. Note pour comprendre : De son propre aveu, l’ami Refn reconnait que le processus créatif pendant le tournage (à comprendre chez lui le souci d’esthétique et ici la représentation de la beauté et son vampirisme – le bon sujet pour une performance esthétique donc) importait davantage que le résultat. Du coup, on se retrouve avec un film mal écrit voire pas écrit du tout, un film-pretexte si je puis dire, et je dois avouer que j’ai un peu de mal avec les mecs qui se regardent filmer avec pour seule ambition de faire du beau sur fond de trame bancale.

Bref, j’étais si mal à l’aise et démunie face à tant de ratés, de vide et d’incohérence, que pendant la scène finale (scène horrifiante elle-même précédée par une succession de scènes tout aussi horrifiantes – c’est que moi et mon bagel au pastrami on ne s’attendait pas forcément à une partie de jambes en l’air nécrophile et à des pulsions cannibales suivies par la déglutition d’un globe oculaire), je suis entrée dans un véritable fou-rire nerveux. Mais genre je n’avais jamais autant ri au cinéma de toute ma vie. Jamais. C’était fou. Du coup, j’ai entraîné Élise dans ma chute et puis trois ou quatre autres personnes de la salle (ce qui est plutôt un bon ratio puisqu’on devait être neuf – les joies du ciné un jeudi à treize heures). C’était un grand moment.

Sur ce, il est temps pour moi d’aller réchauffer ma soupe (oui je pars vite mais j’ai faim). Note : Je sais, je n’ai absolument rien raconté de ce que j’avais dit que je raconterai la semaine dernière, mais je remédierai à cela avec la nouvelle super catégorie flemme. On se retrouve donc vite pour l’article Cette semaine, j’ai… #02.

#NowPlaying Blindfold, Morcheeba.
Le 20 juin 2016
Les mots
Pour aller plus vite tout en bas
  1. Maria, le 17 juillet 2016.

    Hey, je trouve ton dessin très intéressant. Je voudrais améliorer mon bureau. Est-ce que tu pourrais me dire ou tu trouve les tiroirs pour les cases? Merci
    Mariaxxx