Line Hogsark
Carnet de bord
Journal / Livres

Pause lecture post burn-out.

Paris, le 3 juillet 2016

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J’ai moins de deux heures pour vous écrire un article (je sais, comme ça, ça paraît beaucoup, mais en fait, c’est super peu – Super peu, nouvelle expression vide de sens). Par conséquent, je vais essayer de ne pas (trop) digresser et de ne pas passer une demi-heure à disserter sur les confusions circonstancielles autour du nouvel épisode de Gilmore Girls (pour ceux qui auraient vécu sur une planète extrasolaire en ce début de XXIème siècle, sachez que c’était terminé depuis 2007 mais qu’une nouvelle saison a été produite par Netflix et devait normalement sortir vendredi – mais en fait non), de ne pas non plus m’épancher sur le nouveau procès de Adnan Syed, Charmed et l’arrivée de Cole, le nouveau podcast de Slate, le barbecue chez mon grand-père, notre dernière soirée au Blanc-Mesnil, ma nouvelle entorse, ma quatre-vingt-douzième victoire consécutive au Scrabble (sur ma tombe on écrira Elle ne tenait pas debout mais elle savait jouer au Scrabble), celle des islandais légèrement plus incroyable et leur émouvant clapping (je sais pas, ça m’a touchée), celle des gallois aussi pendant qu’on y est, le départ du Tour de France, mon demi-bol de soupe aux cèpes et les gâteaux à la poire.

Bref, maintenant, il me reste une heure et trente-cinq minutes (je suis partie me faire du pain grillé avec du roquefort), alors ne tergiversons plus. Ces dernières semaines, j’ai cru mourir. Lorsque je vous ai dit la dernière fois que je bossais dix-neuf heures par jour, je ne plaisantais absolument et surtout tristement pas. Je mets mon réveil à sept-heures et demie pour me lever à huit heures et je travaille facilement jusque trois heures du matin sans vraiment faire de pause (un jour sur deux je fais pipi mais c’est tout). En fait, mes échéances sont pour le mois de septembre, mais comme je pars en vacances cette semaine pour un mois et demi (je pars dix jours à Compiègne chez mes parents puis je file directement à l’autre bout du pays jusque fin août), j’essaie tant bien que mal de tout boucler avant de partir et, de surcroît, de finir les codes et toutes les illustrations de mon nouveau site internet, ainsi que les mises en page des différents projets présentés. En gros, je suis à deux doigts de casser ma pipe.

Cette semaine, donc, littéralement, j’ai fait un léger burn-out. C’était mardi, il était quinze heures, j’étais sur mes codes, je travaillais depuis sept heures, je bâillais toutes les quatorze secondes et mes fichiers Javascript m’inspirait autant de joie et d’épanouissement qu’un épisode de Joséphine Ange Gardien, et alors que j’étais sur le point de balancer par la fenêtre mon ordinateur et la quasi-totalité de mon appartement pour partir faire les vendanges en Champagne-Ardenne, moi, mes cernes, mes bâillements, mon mal de tête et mes trois heures de sommeil en quarante huit jours, on s’est cogné le genoux contre ma table basse et on s’est mis à pleurer. Alors bon, ça va, on a pleuré huit secondes et demie, mais c’était assez lamentable pour que je puisse clairement interpréter cette réaction psychomotrice comme un message subliminal (ou plutôt un avertissement ostensible) de la part de ma santé physique et de mon équilibre mental, tous deux vraisemblablement en choeur à l’unisson en mode Meuf, t’es mignonne, mais maintenant tu vas poser ton ordi (ET TU PRENDS PAS TON IPAD), tu vas faire une sieste, tu vas soigner ta bronchite et ton poignet qui te fait mal depuis trois mois et tu reviendras quand t’auras plus deux aubergines sous les yeux. Alors j’ai capitulé (c’est que ma soeur s’y est mise aussi) et j’ai décidé de lâcher un peu le boulot, de dormir une bonne partie de l’après-midi puis de sortir faire l’un des trucs qui me rend le plus heureuse au monde : trainer dans une librairie.

Dans une librairie, je peux facilement rester trois heures. Je me balade, je regarde huit cents bouquins, je fais une première sélection, je m’assois en tailleur (je peux me le permettre, j’y suis aux heures creuses de la semaine), je lis les premières pages de chaque livre sélectionné et je fais un petit tas à gauche pour ceux que j’aimerais lire tout de suite (c’est facile, c’est ceux que j’ai du mal à fermer) et un petit tas à droite pour ceux qui peuvent attendre. Généralement, je ressors avec trois ou quatre bouquins. Cette semaine, donc, j’ai acheté :

1. John Le Carré, La constance du jardinier.
« Tessa Quayle, jeune avocate anglaise, a été sauvagement assassinée dans le nord du Kenya. Son compagnon et amant supposé, médecin africain d’une organisation humanitaire, a disparu. Justin, l’époux de Tessa, diplomate de carrière au haut-commissariat britannique de Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile. […] Une odyssée pleine de violence et de fureur où se trament les sombres machinations de multinationales pharmaceutiques, où se nouent d’étranges alliances politiques. »

Pour ceux qui ne le connaissent pas, John Le Carré, ce vieux monsieur de quatre-vingt ans et des bananes, c’est cet écrivain britannique, ancien agent du MI6 (tristement grillé par la presse à cause de son succès littéraire), qui écrit des romans d’espionnages et des thrillers politiques, dont notamment L’Espion qui venait du froid, La Taupe et, plus récemment, Un homme très recherché (je n’ai pas lu ce dernier mais il a été adapté au cinéma lui aussi, vous avez dû le voir passer il y a deux ans – Note personnelle : j’aurais dû lire le livre). La plupart de ses oeuvres se déroulaient dans le contexte de la Guerre Froide mais il s’est récemment attaqué à des sujets plus contemporains, qui ont soit dit en passant incroyablement ravi le gouvernement Bush à l’époque. Note : Si vous êtes curieux, sur The Guardian, vous pouvez lire cet article vachement pertinent à son propos, le plus complet qui soit : From cold war spy to angry old man : the politics of John le Carré (ou en français ici).

2. David Foenkinos, Le mystère Henri Pick.
« En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination ? Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs. »

Il n’en fallait pas plus pour me convaincre. J’aime beaucoup David Foenkinos (je ne l’ai cela dit pas franchement soutenu après Charlotte, un peu comme Refn après The Neon Demon – rien à voir je sais), mais La Délicatesse m’a énormément touchée, je l’ai dévoré en une journée, et souvent, un peu tous les jours en fait, à cause d’un détail, je me retrouve à penser à ce livre. Bref, j’attends l’ami David au tournant.

3. Sonja Delzongle, Quand la neige danse.
« Février 2014, au nord de Chicago. La neige et le blizzard semblent avoir pétrifié la petite ville de Crystal Lake. Un matin, le médecin Joe Lasko reçoit un paquet. Y repose une magnifique poupée aux cheveux longs et roux, comme sa fille Lieserl, disparue depuis plusieurs semaines. Comble de l’horreur : la poupée est vêtue exactement comme Lieserl le jour où elle s’est volatilisée. »

Je vous la fais courte, les trucs comme ça, un peu glauque et effrayant, avec des petites références à Stephen King, c’est ma came. Des gamines qui ont disparu, une enquête, un profileur bien barré et un psychopathe tout comme il faut, c’est pour moi. Bon, le truc, c’est que j’en lis à la pelle des livres comme ça, alors je suis évidemment devenue assez critique avec la chose et, comme je m’amuse à imaginer les scénarios les plus dingues et toutes les issues possibles (parfois je prends des notes, je suis tarée), c’est difficile de me surprendre à la fin – j’avais deviné pour La fille du train. Bref, j’ai commencé par celui-ci (je garde les plus petits formats pour les vacances), alors je vous en dirai des nouvelles assez vite.

4. Nancy Huston, Le club des miracles relatifs.
« Varian est un garçon singulier, doté d’une intelligence rare et d’une mémoire sans faille. Malgré l’amour de sa famille, il s’isole dès sa petite enfance. Hypersensible, surdoué et peu viril, il est vite en danger au lycée et devient un jeune homme compulsif, impuissant, obsédé. Quand son père, depuis toujours marin pêcheur, doit quitter le foyer pour aller chercher du travail dans l’Ouest, quand sa mère demeurée sans nouvelles perd tout sens du réel, Varian, lui, est aux prises depuis longtemps déjà avec les voix qui parasitent et colonisent son cerveau. Et c’est dans cet état, tout à la fois vulnérable et violent, qu’il part à la recherche de son père. Diplômé, il est facilement embauché sur le site de Terrebrute, au coeur même d’une région déchiquetée par de gigantesques opérations d’extraction pétrolière. Là, Varian fait la connaissance de deux activistes écologistes… Le Club des miracles relatifs est l’histoire de la confrontation entre deux formes de monstruosité, l’une humaine, l’autre post-humaine. Un livre qui explore avec force une société inimaginable, mais déjà là. »

Bon, je ne vais pas me répéter, je vous ai déjà parlé de ce livre la semaine dernière (oui parce que du coup celui-ci je ne l’ai pas acheté cette semaine, soyez logiques), mais je me suis dit qu’en tant que tout nouveau dans la bibliothèque, il avait tout de même sa place ici. Bref (j’ai dû dire Bref au moins douze fois aujourd’hui), cette semaine, j’ai un peu relâché la pression, je me suis autorisée à ne travailler que huit ou dix heures par jour (folie), et j’ai lu. Voilà. J’ai fait aussi plein d’autres choses, mais ça, ce sera pour plus tard. Je suis devenue une grande fan des articles Cette semaine, j’ai…

PS. Je pars comme une voleuse parce qu’en fait, ça fait deux heures que mes deux heures sont passées. À comprendre : je suis en retard. Pardon papa.

#NowPlaying Big City Life, Mattafix.
Le 3 juillet 2016
Les mots
Pour aller plus vite tout en bas
  1. Maya Joys, le 3 juillet 2016.

    Coucou, le livre de Nancy Huston a l’air vraiment sympa !
    Courage pour le mini burn out ! Je te comprends tellement, quand t’es à bout mais que tu fais genre non et que ton biscuit se casse dans ta tasse de thé / café, et le barrage s’effondre…
    Mais c’est pour mieux remonter la pente ! ;)

    Maya Joys
    http://mayajoys.com/

  2. samsha, le 4 juillet 2016.

    haha courage pour le travail ! Moi aussi en ce moment c’est du 9h – 3h du mat pour réviser mon concours d’avocat à la rentrée et j’ai aussi très envie de jeter ordi, code de procédure pénale et autres milliers de bouquins épais comme des dictionnaires par la fenêtre!
    La librairie c’est un super remède ! J’adore lire alors difficile de dire le contraire ;-)
    Ta sélection a l’air très sympa en tout cas !

  3. prettylittletruth, le 4 juillet 2016.

    J’aime beaucoup John Le Carre! Maintenant tu as toutes les vacance spour lire tous ces livres :)

  4. Sonia Mon Blog Beauté, le 4 juillet 2016.

    Je suis très admirative des personnes comme toi, accro aux livres. Je trouve que c’est beau de lire, ça enrichit vraiment la personne. J’ai fait des études de lettres, du coup j’ai lu des millions de livres en très peu de temps, et peut-être que ça m’a un peu dégoutée de la lecture… j’espère que l’envie reviendra. En attendant, je me suis plongée dans les séries TV et je ne décroche pas lol bisous

  5. Hascoet, le 4 juillet 2016.

    Je suis très tentée par le mystère Henri pick, un livre peu banal, merci pour cette revue littéraire.

    Marie

  6. Sarah, le 4 juillet 2016.

    Alors je tombe ici complètement par hasard mais qu’est ce que ton article m’a fait sourire :) Et pour une fois (une rare) j’ai lu ce gros pavé jusqu’au bout (je suis d’ordinaire une personne qui a beaucoup de mal à se concentrer sur une lecture de blog plus de 5min) et franchement tu m’as l’air d’une chouette fille:)
    Pour les idées de bouquin j’ai le Foenkinos sur ma to-read depuis déjà 2 mois car comme toi j’ai adoré ses précédents (et notamment charlotte!) en revanche je ne connaissais pas les autres et tu m’as donné très envie de me plonger dans celui de John le Carré! Honte à moi car je vis depuis plus de 6 mois à Londres maintenant et je ne me suis toujours pas plongé dans un bon roman anglais…
    A très bientôt en tout cas :)

  7. Allison, le 31 juillet 2016.

    Allez, allez! On profite de ses vacances et on respiiiiiiiiiire! :) Bonnes vacs Céline!
    Bises Allison